Exposition Vanessa Agnagna et Romain Mayoulou à la Librairie-galerie Congo

La rentrée est bien chargée à la Librairie-galerie Congo où j’ai assisté le 24 septembre au vernissage de l’exposition des artistes Vanessa Agnagna et Romain Mayoulou. Une exposition à découvrir jusqu’au 16 octobre 2015.

J’ai adoré les tableaux colorés et lumineux de Vanessa Agnagna, qui mettent les femmes à l’honneur et s’inspirent de la vie quotidienne au village comme à la ville. Un regard féminin et touchant qui accroche le public.

photos perso 731
@Vanessa Agnagna
photos perso 733
@Romain Mayoulou

Romain Mayoulou, lui, a un style plutôt décoratif. Ses dessins, oppositions de couleurs inversées, et sa représentation du réel me rappellent une bande dessinée. Lui aussi croque les femmes mais il aborde également des thèmes comme la politique, la sapologie, la danse, l’école…

Les deux peintres ont fait leurs armes à l’école de peinture de Poto-Poto à Brazzaville, au Congo. Si Vanessa Agnagna qui vit depuis 2005 à Paris s’inscrit dans la tradition des peintres tels qu’Eugène Malonga ou François Thango, Romain Mayoulou, lui, navigue entre Turin et Paris, et suit les traces de ses maîtres Daniel Ngavouka, Antoine Sita et Dzon Euloge dit Dezon.

photos perso 734
@Romain Mayoulou
photos perso 728
@Romain Mayoulou
photos perso 730
@Vanessa Agnagna
photos perso 729
@Vanessa Agnagna
Publicités

Edwinn Coulanges : «Être nappy commence au bout de mes orteils et finit dans mes cheveux. »

photos perso 751
Edwinn Coulanges, 30 ans, habite en région parisienne

Comme la plupart des femmes noires, Edwinn Coulanges que j’ai rencontrée le 24 septembre à l’exposition de Vanessa Agnagna, a défrisé ses cheveux quand elle était très jeune. A 15 ans.

A la veille de ses 29 ans, cette jeune afropéenne d’origine haïtienne qui aime changer de look, a voulu changer de tête. « Je voulais me retrouver « moi », sans rien. » explique-t-elle. Son big chop (la « grande coupe »  des cheveux défrisés ou abîmés pour repartir sur des bases naturelles) a eu lieu en décembre 2014. Mais, on n’abandonne pas comme ça de vieilles habitudes. Edwinn a fini par lisser ses cheveux et le retour au naturel s’en est retrouvé entravé. Seule solution : procéder à un deuxième big chop ! Ce qu’elle fit en mai 2014.


Aujourd’hui nappy, Edwinn qui travaille dans les assurances internationales, reconnaît que quelque chose a changé. « Je me sentais bizarre avec mes cheveux courts. Je me trouvais plus comme un garçon. Au travail, ils ont tellement l’habitude de me voir féminine et coquette avec des cheveux longs et de coupes différentes qu’il a fallu qu’ils me regardent autrement. Je n’ai d’ailleurs pas fait l’unanimité, certains me disaient carrément « j’aime pas tes cheveux », d’autres « j’aime pas du tout » ou encore « oh la la, c’est un changement »…» raconte-t-elle. Comme si elle devait leur demander l’autorisation…

photos perso 752

Oui, le regard des autres a changé sur elle tout comme le sien : « J’apprends au quotidien à connaitre mes cheveux. Parfois, je suis en panique et je me demande ce que je vais bien pouvoir en faire. Contrairement à ce qu’on pense, porter des cheveux naturels demande beaucoup moins de temps, beaucoup moins de produits et d’appareil. Je fais tout avec mes doigts et de la crème. J’aime toucher mes cheveux donc c’est plus agréable, et puis c’est moi. C’est au final une libération ! ».

Alors, pour elle c’est quoi être nappy ? « C’est simplement être moi et me voir autrement ou plutôt me voir réellement. Je veux dire, je retrouve les cheveux naturels que j’ai abandonnés, oubliés. Je ne sais pas si être nappy est un courant ou une tendance éphémère mais pour le moment je « kiffe ». Je m’aime bien, je me sens bien dans ma peau. Mes cheveux poussent, je suis contente et je me trouve jolie malgré encore des commentaires comme « il faut vraiment que tu fasses quelque chose avec tes cheveux afro. » Etre nappy, est ce que cela s’arrête aux cheveux ? Je n’espère pas. Cela va forcément avec la personne. Comme on dit « on est la racine de nos cheveux »: pour moi,  être nappy commence donc au bout de mes orteils et finit dans mes cheveux. Être nappy, c’est mon tout, c’est moi » conclut à juste titre Edwinn.

Si vous aussi, vous êtes « natural and happy » et que vous souhaitez raconter votre aventure capillaire, n’hésitez pas à me contacter afin de figurer dans les portraits de ma rubrique Le coin des nappys. Merci d’avance.

photos perso 757photos perso 755photos perso 754