Marine Francius : « Etre nappy, c’est d’abord s’accepter »

Vous le savez, désormais, je suis un radar à repérer les femmes noires aux cheveux naturels. Il y en a de plus en plus et c’est tant mieux. C’est dans le train que j’aperçois celle dont vous allez découvrir l’histoire dans les lignes ci-dessous. Il était tôt et la disposition des places dans le train ne me permettait pas d’accoster la jeune fille au magnifique afro. Je prends donc mon mal en patience. A sa descente, je la suis car elle marche d’un pas assez rapide. A ma grande chance, elle fait le même trajet que moi, nous nous retrouvons donc de nouveau dans le métro 4. Je lui explique mon projet et lui laisse mes coordonnées. Elle me recontacte dans la journée pour organiser le shooting. Rendez-vous est pris pour un samedi à Versailles. Marine Francius, étudiante de 21 ans dans le domaine de la petite enfance, se présente… accompagnée de sa grande sœur (dont vous lirez le portrait très prochainement). Voici son histoire.

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« J’ai toujours eu de grands et longs cheveux. Vers l’âge de 10 ans, influencée par mes copines occidentales, j’ai commencé à m’intéresser aux cheveux lisses. Je réussis alors à convaincre ma mère de réaliser mon premier défrisage » raconte la jeune Guadeloupéenne, qui se passionne pour le chant, la cuisine créole, la moto et le cinéma. En effet, l’adolescente explique que ses cheveux seraient ainsi « plus pratiques » à coiffer. « J’ai multiplié les défrisages jusqu’à mes 14 ans. Puis, épuisée par cette pratique qui ne me satisfaisait guère, je décidai de faire mon premier big chop en août 2011. » Une décision difficile pour la plupart d’entre nous mais que Marine, âgée de seulement 15 ans à ce moment, n’a pas hésité à prendre. Et elle a eu raison.

Ses cheveux ont repoussé assez vite. Notre nappy retrouve donc rapidement sa longueur et la vitalité de ses cheveux, disparue lors des différents traitements. « Je me trouvais bien plus jolie ainsi » reconnaît-elle.

Malheureusement, en 2014, peinant à trouver une routine capillaire, elle retourne chez une coiffeuse pour un soin adoucissant. A sa grande surprise, elle en ressort… avec des cheveux défrisés ! Quelle déception, quelle honte ! La coiffeuse n’a pas du tout respecté sa demande. Que faire face à un tel manque de professionnalisme ? La jeune Marine se sent obligée de faire encore siens ces cheveux défrisés, bien qu’ils ne soient pas le résultat de son choix.

A mon arrivée en Métropole en décembre 2014, j’ai essayé une coupe et une coloration, avec un résultat pire ! Après un temps de réflexion, j’ai de nouveau pris la décision de couper mes cheveux ». Ce 2e big chop eut donc lieu en mai 2016. « Le big chop oblige à redécouvrir ses cheveux. J’apprends donc à en prendre soin mais j’ai encore besoin de conseil : je pars souvent à la pêche aux infos sur les « tutos ». Faute de temps, je fais un soin toutes les deux semaines. Mais, j’hydrate au maximum mes cheveux ».

Revenir au naturel a-t-il changé le regard des autres ? « Le regard des gens n’a jamais compté pour moi. Mais, j’ai l’impression que l’on me préfère avec des cheveux naturels. J’en suis ravie. Pour moi, être nappy, c’est d’abord s’accepter et accepter ses cheveux tels qu’ils sont. Puis viennent la fierté et le bien-être d’assumer de porter ses cheveux naturels. Etre nappy c’est donc aussi un état d’esprit. Vive la nappy attitude ! ».

Si vous aussi, vous souhaitez raconter votre aventure capillaire, n’hésitez pas à me contacter afin de figurer dans les portraits de ma rubrique Le coin des nappys. Si vous préférez, vous pouvez aussi me laisser un commentaire. Merci d’avance.

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Remadji Lucie Tabe : « Etre nappy, c’est naturel »

Décidément, le Tchad est à l’honneur. Dans la famille Tabe, j’appelle Remadji Lucie, cadette d’Evelyne dont vous avez découvert le portrait il y a quelques jours. Remadji a 26 ans et vit dans le Loiret. Conseillère en vente, elle est également model. On l’appelle la Naomi Campbell de la famille, la preuve en images.

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Remadji est naturellement passionnée de mode… et de sport. Elle accepte de participer au shooting et témoigne pour le blog. Voici son aventure capillaire.

La jeune femme a toujours alterné tresses et cheveux naturels pour s’arrêter sur ce dernier choix. En effet, depuis trois ans, elle porte ses cheveux naturels. Mais, elle ne se considère pas vraiment comme une nappy : « C’est un grand mot. Je me considère juste comme une femme africaine qui assume complètement la nature crépue de ses cheveux. » se défend-elle avec modestie.

Comment entretient-elle ses cheveux ? « Je fais des bains d’huile, des masques et surtout je bois beaucoup d’eau. On ne le répètera jamais assez mais l’hydratation est très importante pour nos cheveux. » insiste notre nappy du jour.

Pour Remadji, « être nappy, c’est assumer ses cheveux avec fierté, et donc assumer son identité. ».  « C’est simplement naturel. Je suis Africaine et fière de l’être, c’est une richesse. Il ne devrait pas y avoir autant de débat sur nos cheveux et nos tenues. D’ailleurs, on ne demande pas à un Européen pourquoi il s’habille à l’occidental. »  explique, celle qui est aussi amatrice de mode ethnique et n’hésite pas à porter des bijoux, foulards et tenues afro dont elle est une bonne ambassadrice.

Et ce, malgré les regards quelque peu inquisiteurs. « Le regard des gens a toujours été le même, que je porte des tresses ou des foulards. Mais, beaucoup sont curieux de savoir comment j’attache mon foulard, d’autres se demandent si je suis voilée. Mais cela m’importe peu, car c’est mon bien-être qui est ma priorité et non ce que pensent les autres. Et de toute façon, je tiens chaque jour à apporter une touche africaine à mes tenues. C’est ma pierre à la valorisation de notre culture. »

Si vous aussi, vous souhaitez raconter votre aventure capillaire, n’hésitez pas à me contacter afin de figurer dans les portraits du Coin des nappys. Si vous préférez, vous pouvez aussi me laisser un commentaire. Merci d’avance.