A la découverte des langues africaines

Samedi 22 avril, ma princesse et moi, avons participé à la 2e édition des ateliers jeux et lecture à la découverte des langues africaines avec Fifi et Patou organisés par la Librairie-Galerie Congo.

Nous faisions partie des retardataires alors c’est au pas de course que nous arrivâmes à la librairie. La salle était pleine, premier bon signe.  Un goûter (miam miam) était installé, deuxième bon signe.

Prévu à 13h30, l’atelier a commencé environ 40mn plus tard à cause de problèmes de transport. Les nombreux enfants et parents trépignaient d’impatience. Heureusement, dans une librairie, on pouvait toucher et regarder les livres et magazines, les enfants se tordaient le cou pour profiter de l’écran placé en haut d’un meuble et qui diffusait des images de dessin animé.

Après quelques allers retours parmi les membres de l’équipe, le directeur de la librairie, Sylvain Mpili prend la parole et prononce son discours d’accueil. L’atelier, comme me l’a aussi expliqué Valencia Bemba de l’organisation, a été créé en partenariat avec Les éditions Jeannette Kibangu pour faire découvrir la collection Fifi et Patou. Puis, il est devenu évident de partir de cet événement pour initier les enfants, nés ou ayant grandi en France, aux langues de leurs parents, s’ils ne la parlent pas déjà. Une initiative qu’on ne peut que saluer évidemment.

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Valencia Bemba

Puis place à l’artiste : le marionnettiste Roch Amédet Banzouzi fait son entrée au son d’un tam-tam et en chanson. Le public d’enfants est sous le charme. A l’aide d’un tome de la série Fifi et Patou, il essaie d’apprendre à l’assistance à compter jusqu’à 10 en… Lingala, l’une des plus belles langues d’Afrique centrale. Parents et enfants tentent bien que mal de suivre les aventures des deux héros tout en essayant de retenir les chiffres. Roch Amédet Banzouzi sait faire participer son jeune public, captivé par son jeu d’acteur.

J’ai adoré les moments de chant et de danse. J’ai eu des flashs de souvenirs quand il a récité le poème de Camara Laye, Femme noire, femme africaine ! (je vous mettrai prochainement tout le poème) ou quand il a entonné le chant Connais-tu mon beau village  ?

Après l’histoire, petit temps calme pendant lequel les enfants ont participé soit à une activité de coloriage pour les moins de 6 ans, soit à un memory pour les plus grands. Pendant que certains parents achetaient des livres ou ouvraient le buffet du goûter. Comme d’habitude, nous avons trouvé notre bonheur, Thressia et moi, et sommes reparties avec un tome de Fifi et Patou en Swahili (j’adore cette langue que j’espère apprendre un jour) et un deuxième livre, Je suis fou de Vava. D’autres ouvrages pour enfants sont disponibles en Baoulé, Bété, Sénoufo, Lari…

L’atelier, dont l’entrée est gratuite, connaît un grand succès. La 3e édition aura lieu le samedi 20 mai, et elle est déjà complète. La librairie change de formule désormais et propose de choisir parmi une liste de langues africaines celle qui sera retenue pour l’atelier. Excellente idée qui permettra d’impliquer davantage les parents et surtout de varier les langues à découvrir.

Beaucoup de parents, surtout des mamans bien sûr, ont fait le déplacement. Cela montre que ce genre d’initiatives est demandé, cela prouve aussi que les Africains et Afro-descendants vivent un véritable retour aux sources, avec la quête des origines, le besoin de connaître sa culture pour la transmettre aux nouvelles générations. Alors longue vie à ces ateliers et que l’aventure continue !

Et vous, quelle(s) langue(s) aimeriez-vous transmettre ou faire découvrir à votre/vos enfant(s) ?

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Marine Francius : « Etre nappy, c’est d’abord s’accepter »

Vous le savez, désormais, je suis un radar à repérer les femmes noires aux cheveux naturels. Il y en a de plus en plus et c’est tant mieux. C’est dans le train que j’aperçois celle dont vous allez découvrir l’histoire dans les lignes ci-dessous. Il était tôt et la disposition des places dans le train ne me permettait pas d’accoster la jeune fille au magnifique afro. Je prends donc mon mal en patience. A sa descente, je la suis car elle marche d’un pas assez rapide. A ma grande chance, elle fait le même trajet que moi, nous nous retrouvons donc de nouveau dans le métro 4. Je lui explique mon projet et lui laisse mes coordonnées. Elle me recontacte dans la journée pour organiser le shooting. Rendez-vous est pris pour un samedi à Versailles. Marine Francius, étudiante de 21 ans dans le domaine de la petite enfance, se présente… accompagnée de sa grande sœur (dont vous lirez le portrait très prochainement). Voici son histoire.

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« J’ai toujours eu de grands et longs cheveux. Vers l’âge de 10 ans, influencée par mes copines occidentales, j’ai commencé à m’intéresser aux cheveux lisses. Je réussis alors à convaincre ma mère de réaliser mon premier défrisage » raconte la jeune Guadeloupéenne, qui se passionne pour le chant, la cuisine créole, la moto et le cinéma. En effet, l’adolescente explique que ses cheveux seraient ainsi « plus pratiques » à coiffer. « J’ai multiplié les défrisages jusqu’à mes 14 ans. Puis, épuisée par cette pratique qui ne me satisfaisait guère, je décidai de faire mon premier big chop en août 2011. » Une décision difficile pour la plupart d’entre nous mais que Marine, âgée de seulement 15 ans à ce moment, n’a pas hésité à prendre. Et elle a eu raison.

Ses cheveux ont repoussé assez vite. Notre nappy retrouve donc rapidement sa longueur et la vitalité de ses cheveux, disparue lors des différents traitements. « Je me trouvais bien plus jolie ainsi » reconnaît-elle.

Malheureusement, en 2014, peinant à trouver une routine capillaire, elle retourne chez une coiffeuse pour un soin adoucissant. A sa grande surprise, elle en ressort… avec des cheveux défrisés ! Quelle déception, quelle honte ! La coiffeuse n’a pas du tout respecté sa demande. Que faire face à un tel manque de professionnalisme ? La jeune Marine se sent obligée de faire encore siens ces cheveux défrisés, bien qu’ils ne soient pas le résultat de son choix.

A mon arrivée en Métropole en décembre 2014, j’ai essayé une coupe et une coloration, avec un résultat pire ! Après un temps de réflexion, j’ai de nouveau pris la décision de couper mes cheveux ». Ce 2e big chop eut donc lieu en mai 2016. « Le big chop oblige à redécouvrir ses cheveux. J’apprends donc à en prendre soin mais j’ai encore besoin de conseil : je pars souvent à la pêche aux infos sur les « tutos ». Faute de temps, je fais un soin toutes les deux semaines. Mais, j’hydrate au maximum mes cheveux ».

Revenir au naturel a-t-il changé le regard des autres ? « Le regard des gens n’a jamais compté pour moi. Mais, j’ai l’impression que l’on me préfère avec des cheveux naturels. J’en suis ravie. Pour moi, être nappy, c’est d’abord s’accepter et accepter ses cheveux tels qu’ils sont. Puis viennent la fierté et le bien-être d’assumer de porter ses cheveux naturels. Etre nappy c’est donc aussi un état d’esprit. Vive la nappy attitude ! ».

Si vous aussi, vous souhaitez raconter votre aventure capillaire, n’hésitez pas à me contacter afin de figurer dans les portraits de ma rubrique Le coin des nappys. Si vous préférez, vous pouvez aussi me laisser un commentaire. Merci d’avance.

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