Nappy, une histoire de sœurs

Un soir, sur le chemin des courses dans mon supermarché du quartier, je remarque deux jeunes filles assises à l’arrêt d’un bus. L’une porte un afro, l’autre des tresses collées. Je vais à leur rencontre. Passé les premières minutes de surprise et d’interrogation, elles m’accordent un instant pour leur expliquer mon projet et leur proposer de les photographier pour mon blog. Elles acceptent. Voici leur histoire.

Jafeldy et Gessika sont deux sœurs. L’aînée, Jafeldy, a 17 ans, et est lycéenne à Dijon. Elle se passionne pour le sport et le shopping, « comme la plupart des filles de son âge » dit-elle.

La cadette, Gessika, a 16 ans. Elle est passionnée de danse hall qu’elle pratique depuis 5 ans.

Que veut dire nappy pour deux jeunes filles de leur âge ?

« Pour moi, être nappy signifie porter ses cheveux naturels, les chouchouter et en être fière. » commence Jafeldy. « Et pour moi, c’est accepter ses cheveux crépus et apprendre à en prendre soin » complète Gessika.

Les deux sœurs assument leurs cheveux depuis 2015. Elles ont eu le déclic en regardant des vidéos de Youtubeuses. « Je me suis rendu compte que le cheveu crépu était très beau » se souvient Gessika.

« Les Youtubeuses montraient et expliquaient les produits qu’elles utilisaient. Elles expliquaient qu’elles se sentaient mieux dans leur peau. Cela m’a donné envie de sauter le pas » confie Jafeldy. Avant de poursuivre : « Au début, les gens étaient intrigués par mes cheveux. Ils me posaient beaucoup de questions et voulaient les toucher ! Aujourd’hui, ils sont habitués et j’ai plutôt droit à des compliments. » raconte Jafeldy.

De con côté, Gessika est surprise par le bon accueil des gens. Elle regrette que de nombreuses filles ne tentent pas l’expérience par peur du regard des autres. « C’est facile à dire mais on ne doit pas s’en préoccuper car on est tellement bien mieux au naturel. » admet-elle.

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Jafeldy

Quelle organisation au quotidien ?

Est-ce alors facile de « revenir au naturel » ? « C’est parfois difficile, par exemple le matin avant d’aller au lycée. Cela demande du temps de coiffer mon afro. Il faut donc un minimum d’organisation. » reconnaît Jafeldy

« Quand on ne connaît pas ses cheveux, c’est compliqué d’en prendre soin. Apprendre à les connaître aide à trouver sa propre routine capillaire. La mienne consiste à réaliser des bains d’huiles une à deux fois par semaine, puis à laver mes cheveux au ghassoul (de l’argile pour cheveux) car le shampoing les abîme. Le soir, je les hydrate avec un vaporisateur contenant de l’eau et de l’huile puis je les tresse avant de me coucher. » conseille Gessika.

Pour Jafeldy, la routine est simple : hydratation, application d’un baume hydratant et d’une huile. Enfin, la jeune fille ne se couche presque jamais sans son foulard en satin. « Le matin, j’hydrate de nouveau mes cheveux avec un vaporisateur contenant un lait capillaire et de l’eau. Je ne fais un shampoing que quand mes cheveux sont très sales. J’utilise davantage l’après shampoing suivi d’un masque et d’un leave-in. Je suis également adepte du démêlage aux doigts. En revanche, les bains d’huile et coiffures protectrices, ce n’est pas pour moi. » conclut Jafeldy.

Si vous aussi, vous êtes nappy et que vous souhaitez raconter votre aventure capillaire, n’hésitez pas à me contacter afin de figurer dans les portraits de ma rubrique Le coin des nappys. Vous pouvez également découvrir toutes les photos de cette rubrique en vous abonnant à mon compte Instagram @chantal_baoutelman

 

 

Exposition Beauté Congo 1926-2015

affiche expo beaute congoVous n’avez pas encore fait le déplacement ? Courrez vite découvrir l’exposition Beauté Congo – 1926-2015, qui joue les prolongations jusqu’au 10 janvier 2016 à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Il faut dire que cette expo met à l’honneur la République démocratique du Congo de la plus belle des manières. Elle retrace la naissance de la peinture moderne au Congo dans les années 1920 jusqu’à l’émergence des artistes populaires, véritables témoins de leurs contemporains croqués avec réalisme dans des œuvres qui s’inspirent d’événements quotidiens, politiques (l’indépendance et l’autonomisation de l’Afrique, la démocratie, le leadership des dirigeants) et sociaux (la corruption, la Sape, la fête), dans laquelle toute la population se reconnaît. C’est ce courant que perpétuent aujourd’hui de jeunes artistes connectés à l’actualité mondiale comme J.-P. Mika ou Monsengo Shula.

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Beauté Congo, c’est une variété d’œuvres pour découvrir autrement ce grand pays d’Afrique à travers la musique, la sculpture, la photographie, la bande dessinée et bien sûr la peinture. Une expo riche en couleurs et qui donne à voir, à lire et à écouter ! Et qui invite au voyage.

Pour information, des visites guidées sont proposées tous les jours à 18h pour mieux connaître les artistes et découvrir les anecdotes entourant leurs créations. Mais chut, ça reste entre nous !

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